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Renée Brock : “Chanson de la Fille d’Amsterdam”

Publié le 30 octobre 2014

La répétition des [o] et des [am] — l’eau, la peau et l’âme, l’âme qui se damne en Amsterdam… — crée une atmosphère presque obsessionnelle, un peu à la façon d’un promeneur, ou plutôt d’une prostituée (dans cette ville où « tout est vendu », à commencer par les corps) errant au hasard des rues, des ponts, des canaux.

Chanson de la Fille d’Amsterdam

(L’Amande amère [1959] de Renée BROCK [1912 – 1980])

.

Au long des canaux d’Amsterdam,

Si je m’en vais, fille sans âme

En quête d’un plaisir de peau,

Ce n’est pas cherchant si tu m’aimes ;

Sans souci d’âme, en Amsterdam,

Je rêve que me couvre l’eau

Des canaux d’Amsterdam.

.

Sous le corps blanc des chrysanthèmes

Passent les noirs bateaux marchands.

Ce n’est pas rêvant si je t’aime

Qu’au long des eaux je vais marchant.

Moi qui n’ai pas d’âme à damner,

J’aurai gagné l’éternité,

Si tu me couvres comme l’eau

Des canaux d’Amsterdam.

.

Les chrysanthèmes, les bateaux,

Tout est vendu en Amsterdam.

Il m’importe peu que tu m’aimes

Si je suis ton plaisir de peau.

Je ne regrette pas ton âme

Si tu me couvres comme l’eau

Des canaux d’Amsterdam.

.

Poésies complètes, Éditions Saint-Germain-des-Prés, Paris, 1982

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Renée Brock
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