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La Guerre du Péloponnèse / LIVRE I

Publié le 2 novembre 2017

I

Thucydide d’Athènes a entrepris de raconter la guerre entre Péloponnésiens et Athéniens dès le tout début du conflit, conjecturant que ce serait une grande guerre, plus mémorable que les précédentes, parce que les deux belligérants y entraient dans la plénitude de toutes leurs forces et qu’il voyait le reste du monde grec rallier aussitôt chacune des parties ou projeter de le faire. [2] Et en effet, ces troubles ont été les plus graves qu’aient connus les Grecs et une bonne part des barbares — pour ainsi dire : la plupart de l’humanité.

[3] Il était impossible, à cause du long espace de temps, d’établir une chronologie claire des événements antérieurs ou plus anciens encore ; cependant, au vu des indices qu’au bout de très longues recherches je me suis vu prendre en compte, j’estime que ceux-là n’ont pas été importants — guerres ou tout le reste.

II
Il paraît bien que ce qu’on nomme Grèce aujourd’hui n’a pas été jadis habité continûment : ces premiers temps étaient des temps de migrations, les populations abandonnant aisément leur foyer sous le coup de faits toujours plus nombreux. [2] Les raisons expliquant que les peuples émigraient sans difficulté sont celles-ci : le commerce leur était inconnu ; les relations entre eux n’étaient pas exemptes de craintes, sur terre comme à travers les mers ; chacun tirait de son fonds ce qu’il lui fallait pour vivre et n’avait aucune réserve d’argent ; ils ne cultivaient pas la terre puisqu’on ignorait quand un autre surviendrait — étant donné qu’il n’y avait pas de murailles — pour les ruiner ; ils croyaient s’approprier où que ce soit leur nourriture quotidienne nécessaire. C’est pourquoi, ces peuples n’ont pas atteint à un réel niveau de puissance, ni au plan de la taille des cités ni de toute autre ressource. [3] Ce sont surtout les contrées les plus riches qui toujours connaissaient des changements d’habitants : les actuelles Thessalie et Béotie, la plupart du Péloponnèse (moins l’Arcadie) ou toute terre plus forte. [4] Par la valeur du sol certains voyaient leurs puissances se développer ; des dissensions en naissaient — puis leur ruine. Sans compter qu’ils étaient davantage l’objet de complots externes. [5] Ce qui est sûr, c’est que l’Attique, depuis les temps les plus reculés, devait à son aridité d’être paisible ; ses habitants étaient toujours les mêmes.

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